Le frein à rétropédalage, ou "coaster brake", est un système de freinage intégré au moyeu de la roue arrière. Pour l’activer, il suffit de pédaler en arrière, ce qui actionne des pièces internes qui provoquent le freinage. Né autour de 1898 grâce au brevet de New Departure (États-Unis), il s’est largement diffusé au début du XXe siècle, notamment avec les bicyclettes urbaines et les vélos pour enfants (source : Sheldon Brown). Encore aujourd’hui, il équipe la quasi-totalité des vélos dans certains pays, comme aux Pays-Bas ou en Scandinavie où jusqu’à 70% des cyclistes urbains roulent avec ce système.
En France, la tendance est différente : le rétropédalage intrigue, séduit quelques nostalgiques ou urbains en quête de simplicité, mais il reste marginal face aux freins à patins ou à disque. Pourtant, de nombreuses grandes villes voient revenir le rétropédalage, via les nouveaux vélos single speed, fixies ou en provenance des marchés nordiques et allemands.
Quelques collectivités, comme Amsterdam, encouragent même son usage pour limiter l’entretien des flottes de vélos en libre-service (source : Bike Europe).
L’intérêt du frein à rétropédalage dépend du contexte de circulation, du profil des cyclistes et même de l’urbanisme.
Soyez attentifs : dans les milieux urbains denses (Paris, Marseille, Lyon), où l’on alterne fréquemment entre arrêts soudains, relances et slaloms entre automobilistes, piétons et trottinettes, le frein à rétropédalage peut devenir limitant. Sur terrains vallonnés, il perd clairement de sa pertinence face à des freins à disque ou à patins.
| Villes | Proportion de vélos à rétropédalage | Nombre de cyclistes quotidiens | Difficultés signalées |
|---|---|---|---|
| Paris | < 5% | ~470 000 | Arrêts-rencontres aux feux fréquents signalés comme problématiques |
| Amsterdam | > 60% | ~850 000 | Freinage en pente et pluie parfois perfectible |
La différence est flagrante : la topographie (plate ou vallonnée), le climat (humide ou sec) et la culture cycliste conditionnent l’adoption du rétropédalage.
| Système | Entretien | Efficacité sur mouillé | Réactivité | Poids | Compatibilité transmission |
|---|---|---|---|---|---|
| Rétropédalage | Faible | Bonne | Moyenne | Moyen | Moyeu à vitesses/SS/Fixe |
| Frein à patins | Fréquent | Moyenne | Excellente | Léger | Tous |
| Frein à disque | Moyen | Excellente | Excellente | Lourd | Tous |
Le frein à rétropédalage brille par sa robustesse et sa discrétion côté entretien, mais tient difficilement la comparaison sur la réactivité, un paramètre décisif pour la sécurité urbaine.
De nombreux retours, notés sur des forums spécialisés comme Velotaf, ou lors d’enquêtes menées par la FUB (Fédération française des usagers de la bicyclette), pointent que le principal critère d’adoption demeure la simplicité et le « plaisir vintage ». On note chez les cyclistes ayant adopté le système que :
Au Danemark, les retours mettent en avant la fiabilité sous la pluie et la simplicité d’usage, tandis qu’à Berlin, certains regrettent l’impossibilité de faire des « track stands » (équilibre à l’arrêt sur vélo).
La démocratisation de la mobilité douce et la recherche de vélos « low-maintenance » pourraient remettre en lumière les atouts du frein à rétropédalage auprès d’un certain public urbain. Le développement récent de modèles à assistance électrique avec frein à rétropédalage (notamment chez Gazelle ou Kalkhoff sur le marché néerlandais) ouvre la voie à un regain d’intérêt pour le système. Cependant, la montée en puissance des freins à disque hydrauliques, désormais très répandus sur les VAE urbains, marque aussi une nouvelle norme en matière de réactivité et de confort.
Pour les villes plates dotées d’une culture vélo bien ancrée, le rétropédalage gardera sa place. Pour les métropoles denses, pentues ou soumises à de brusques aléas de circulation, le choix d’un freinage plus conventionnel reste vivement conseillé.
Tout dépend donc de votre façon de pédaler, du relief de votre ville, et de l’importance que vous accordez à la simplicité versus la performance au quotidien. Le retour en grâce du rétropédalage n’est pas à écarter… pourvu qu’il reste un choix éclairé !